semi-marathon km 20 carpejenn

Si i l y a deux ans on m’avait dit que j’allais courir le semi de Paris, je ne l’aurais pas cru ! Au-delà des quelques soucis de santé que j’ai eus qui ont affaibli mon corps, je ne réalisais pas que j’avais cette capacité en moi. Même dans ma meilleure forme, je ne pensais pas être “au niveau”. Je me rends compte aujourd’hui à quel point cette manière de penser est réductrice, et m’a bridée pendant des annééééééees.

Petite retrospective de ma relation avec le sport

Je n’ai jamais été une grande sportive, mais je ne peux pas dire non plus que je n’en faisais jamais. Je me considère comme moyenne. Quelques séances à la salle par mois couplées à quelques running parce que j’aime bien ça, un petit programme de body challenge 2 mois avant des vacances au soleil (tmtc)… voilà à quoi se résume ma relation avec le sport.

Comment j’en suis venue à m’inscrire pour le semi ?

Ca te dit pas qu’on s’inscrive au semi-marathon ? c’est dans 2 mois” J’ai réfléchi genre 10 secondes avant de répondre à ma collègue “carrément. J’aime bien courir, c’est mon cardio préféré. Jusqu’à maintenant, courir 10-12 kilomètres était le mieux que je pouvais faire, en tout cas c’est ce que je croyais. Courir 10 kilomètres était quelque chose de difficile, et les rares fois où j’y arrivais, j’étais très fière de moi. Mais je ne me sentais jamais assez prête pour aller au-delà de cet objectif, et sûrement pas pour faire le double. Je voulais d’abord améliorer mon chrono sur les 10 avant même d’envisager de viser les 15 ou les 20. Le problème c’est que pendant quatre ans je n’ai rien amélioré du tout, j’ai peut-être gagné quelques secondes sur un ou deux running mais rien de fou. Pourquoi ? Parce que je le faisais pour le plaisir, rien ne m’y forçais, je n’avais aucun objectif spécifique à atteindre. Résultat ? j’ai fait du sur place pendant tout ce temps.

Le fait de m’être inscrite au semi, de savoir que j’allais courir avec des “pro” je me suis dit “ah ouais là meuf, niveeeaaau ! t’es obligée de suivre !” Et ça m’a grave motivée. Mon entraînement n’a pas été parfait, sur de nombreux aspects j’aurais pu l’améliorer mais pour un entraînement de premi semi, c’était pas trop mal :

Le jour de la course

Oh la la comment j’étais stressée, et en plus il faisait froooooooid je te raconte pas. Plus de 40 000 coureurs, je m’étais mise dans le sas de 2h00 (c’est à dire de ceux qui pensent courir les 21 km en 2h). Je savais pertinemment que c’était beaucoup trop court pour moi, mais c’était juste histoire de partir dans le même SAS que ma collègue qui elle a fini le parcours en 2h10. D’autres collègues étaient également inscrits mais tous dans les sas inférieurs à 2h00 (que des winners dans ma team).

Du 1er au 5e kilomètre :

J’ai mon casque aux oreilles, je me déconnecte de l’environnement et ça y est c’est parti… L’adrénaline et le monde autour de moi me font courir plus vite (8,4kmh) que ce que je faisais à mon entrainement (8kmh). Je me force à ralentir car je ne veux surtout pas me fatiguer trop vite, c’est de l’endurance, il faut tenir la durée. La distance entre ma collègue et moi s’aggrandit, elle se retourne et me cherche, je lui fais signe de continuer, que je n’ai pas le même rythme qu’elle, elle me sourit, sourire qui dit “on se voit au bout meuf!” Tout le monde me double, tout le monde semble courir plus vite que moi, mais je m’en fous, je ne regarde pas derrière, c’est moi contre moi-même. Je me rappelle des objectifs que je me suis fixée : finir en moins de 3 heures et ne surtout pas marcher !

Du 5e au 14e kilomètre :

On rentre tranquillement dans le dur, le parcours n’est pas plat mais très joli, et il fait grand soleil. Au 6e kilomètre, il y avait le 1er ravitaillement. Beaucoup de personnes se sont arrêtées pour boire de l’eau, manger un gateau. Je me demande comment ils font, moi une fois que je m’arrête c’est cuit, je peux plus repartir. Bref, je trace ma route. Le 9e kilomètre, un vrai délice : une pente descendante dans le bois de Vincennes. Quand je passe la dixième borne, je me sens bien, l’effort devient plus intense mais j’encaisse, je sais que c’est vers le 12e kilomètre que le mental commence à flancher et qu’il faut tenir bon. Au 12e kilomètre, mes proches sont là pour m’encourager, j’ai envie de pleurer quand je les vois crier “aaallleezzzzz” “c’est toi la meilleure”.

Le 15e kilomètre, celui ou j’ai flanché :

Entre le 14e et le 15e, c’était une montée sans fin. Quand je l’ai commencée je savais que ça allait être chaud, mais je ne voulais surtout pas m’arrêter ! J’ai réuni toutes mes forces, me suis concentrée sur toutes les pensées positives qui me passaient par la tête, je me battais contre la douleur dans les jambes, j’essayais de me concentrer sur ma respiration… et… je-me-suis-ar-rê-tée. J’ai eu envie de hurler de colère, je m’en voulais tellement !!!! Mais le parcours n’est pas fini, il faut que je continue !!! Là je me suis dit “bon Jen, prends 5 minutes, respire, et finis-moi cette côte en marchant c’est pas grave, dès que t’es haut tu recours !” Et c’est ce que j’ai fait, je n’arrivais même pas à marcher vite, à faire des grands pas, mais je me concentrais sur le haut de la côte. Une fois arrivée au pic j’ai repris la course. Franchement, je n’y croyais pas. Durant mes entraînements, une fois que je m’arrêtais c’était fini, impossible de repartir, et au fond de moi, je savais que c’est ce qui allait se passer aussi aujourd’hui. J’ai versé une petite larme et je me suis dit non c’est mort, il me reste 6 kilomètres, JE-VAIS-LES-COURIR-BORDEL-DE-MERDE !

Du 16e au 20e kilomètre :

C’est reparti ! Je ne sais pas où j’ai trouvé l’énergie mais en tout cas je cours. J’ai mal au jambes, j’ai mal aux pieds (je réalise que mes baskets sont trop serrées lol), je n’arrive plus à trouver le bon rythme de respiration, mais je tiens. Les trois derniers kilomètres sur les quais, un enfer ! Je pensais que le 15e était dur, c’était rien face à l’enchainement du 17-18-19 : Les montagnes russes. Impossible de courir les pentes, je les prenais toutes en marchant, et je faisais les descentes en courant vite (merci la gravité). Le 20e kilomètre, je me suis dit que j’allais faire un malaise, j’avais passé les montagnes russes mais je n’avais plus de jus pour le reste. Et là, incroyable, un petit papy coureur que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam me poussait dans le dos avec ses mains, il m’ a dit “tu finis tu finis, il reste un kilomètre, on y va”. Je ne sais pas si c’est la douleur couplée à l’émotion de l’événement je lui ai répondu en pleurant “oui monsieur, je cours monsieur”

Au bout de ma vie

Le 21e kilomètre :

Il était interminable. Mes jambes ne voulaient plus m’obéir, dans ma tête je courrais vite pourtant, mais quand je regardais la vitesse de mes jambes il y avait clairement un décalage, elles arrivaient pas à suivre le rythme miskine. 700 mètres. La moitié des gens marchent, tout le monde est cuit. 500 mètres. Allez Jen, dans maximun 4 minutes c’est fini. 300 mètres. La haie d’honneur des badauds est incroyable : le bruit qu’ils font en tapant fort sur les rebords du parcours me donne des frissons. 200 mètres. Ma famille est à nouveau là. 100 mètres. Elle est où la petite énergie qui vient à la fin d’un effort normalement? Pas là. 50 mètres. 40. 30. 20. 10.

I FUCKING DID IT !!!!!!!!!!!

02h51m40s, le temps qu’il m’a fallu

Je n’ai pas réussi à le faire sans marcher, mais j’ai atteint un objectif sur deux. Niveau classement, je suis 40894 sur 41 456 coureurs. je n’ai jamais été aussi fière d’être dans les 500 derniers. De toute mon équipe, je suis celle qui a fait le chrono le moins bon, mais je pense être la plus heureuse de tous. Je suis très fière de ce temps, ça me fait une moyenne de 7,5 kmh. Moi Jennyfer, j’ai fait courru un semi-marrathon !

L’après-course

Je n’arrive presque pas à marcher, j’ai mal aux pieds, mais cette douleur me fait du bien. C’est la douleur de l’accomplissement. Le soir venu, je m’endors très vite, et le lendemain (lundi) je me réveille en me disant “mais pourquoi j’ai pas posé mon lundi” J’ai encore plus mal aux jambes que la veille, et le trajet pour le boulot n’est pas simple ! Je suis encore sur mon petit nuage pendant deux jours, je repense aux moments forts de cette journée en me disant que j’ai déjà hâte de pouvoir refaire un semi, et pourquoi pas, un marathon.

J’ai rarement eu aussi mal aux jambes

Si tu dois retenir une seule chose de cette expérience que je te partage c’est : Tu es capable de tout si tu te donnes les moyens d’y arriver. Au bout du compte, ton meilleur ami comme ton pire ennemi, c’est toi-même.

6 thoughts on “Mon premier semi-marathon

  1. T’as réussi à me transporter avec toi sur ces quelques heures. J’ai limite ressenti la douleur des jambes à tous les coups je serai 41457eme!
    La scène du papi omg un boom au coeur.
    Je déteste la course mais comme tu dis le plus gros obstacle c’est soi même. Donc je vais m’y mettre.
    Bravo pour cet accomplissement!

  2. Coucou ça me fait du bien de lire ton récit : je cours mon premier semi marathon dimanche arghhh
    je suis en stress total : surpoids , anxiété
    bref !!! je vais m accrocher pour aller au bout comme TOI

    1. Hello Karine ! No stress, c’est une belle expérience qui te fera du bien ! Rappelle-toi pourquoi tu le fais, n’oublie pas de prendre du plaisir et garde juste en tête que l’essentiel c’est de faire de ton mieux ! tu seras tellement heureuse à la fin ! bon courage ! ‍♀️

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