NeMo graffiti

Il y a deux week-ends, je commençais ma petite journée tranquille quand ma soeur a débarqué chez moi avec la jolie surprise qu’est cet ouvrage STREET ART AFRICA. Amoureuse de la lecture, de l’art et de l’Afrique, avoir entre mes mains un objet qui réunit les trois m’a mis des étoiles dans les yeux.

Avant de le parcourir, je me suis fait un petit résumé mental de mes connaissances sur le sujet, le résultat était proche du néant. J’ai toujours trouvé un côté mystérieux à cet art. Je n’ai jamais vu un artiste en plein travail, à croire qu’ils travaillent à 4h00 du matin. Un matin tu vas te balader et comme par magie tu découvres une oeuvre sur un mur qui n’existait pas la semaine d’avant. Qui sont ces artistes ? Quelles sont leurs inspirations ? Comment s’organisent-ils ? Comment les trouver ? Pour moi, ces questions faisaient partie de celles qui demeurent sans réponse, encore plus en Afrique ou l’Histoire et les héritages font souvent face à des difficultés de transmission. Ce livre m’est donc apparu comme un véritable trésor à chérir.

Merci à Cale Waddacor pour ce travail titanesque dont je vais te présenter les grandes lignes dans cet article. Pour ce faire, je vais garder la même trame que dans l’ouvrage, c’est à dire, une présentation par grande région. Mon but n’est pas de redire ce qui est dit dans le livre mais te donner envie de le découvrir par toi-même, en ne présentant que les grandes lignes et les oeuvres qui m’ont particulièrement touchée.

Afrique de l’Est

Festivals emblématiques de la région :

  • OUGANDA : Afri-Cans Street Art fondé en 2017
  • ÎLE MAURICE : Porlwi créé en 2015
  • MADAGASCAR : Festival d’Art Urbain créé en 2014 et Stritarty créé en 2016

Le KENYA est le pays où cet art est le plus développé, avec environ une trentaine d’artistes renommés, notamment Bankslave dont une interview est disponible dans cet ouvrage. Il nous explique son parcours, son style et le but de son art.

Au RWANDA, le street art est très utilisé pour faire passer des messages relatifs à la santé publique (eau, hygiène, éducation…). La fondation Kurema Kureba Kwiga (créer, voir, apprendre) en a fait son créneau depuis presque 10 ans, et fait appel à des artistes pour véhiculer des messages d’apprentissage pour sensibiliser la population aux problématiques sanitaires. Cette démarche permet également de valoriser les artistes locaux.

D’autres pays comme la TANZANIE, l’ETHIOPIE, les COMORES sont aussi présentés dans cette région, en plus de quelques pages d’explications sur la l’aspect technique.

Afrique Centrale

Festivals emblématiques de la région :

  • CONGO KINSHASA : Kin-Graff créé en 2013
  • CAMEROUN : Graff Up créé en 2017 et Festival237 Five Colors

Cette région est présentée comme la moins developpée en ce qui concernce le Street Art. Différentes raisons expliquent ce phénomène : les conflits, les épidémies, la qualité du matériel disponible, le soutien ou non des gouvernements. Cependant, aussi timides que ses débuts peuvent être ici, le Street Art prend forme et se popularise dans plusieurs pays.

Au CONGO KINSHASA, le graffiti est un « produit d’éducation et de progrès social » mais a aussi comme au Rwanda, un rôle social et sanitaire avec la promotion de messages d’éducation. Dans plusieurs pays de la région, des collectifs (comme Moyindo Tag) se servent des graffitis comme un outil de communication.

Le CAMEROUN connaît un essor dans le domaine avec de nombreux artistes comme Boni, Ensa, MOC ou encore Graftu HD, chacun ayant son style propre. Depuis sa création, le festival Graff Up est à chaque édition un véritable succès. Attirant les artistes de tout le pays, il participe à la paix et à la diminution des tensions entre les différentes ethnies.

En ANGOLA, une des matérialisation les plus parlantes de l’essor de cet art est le projet Murais da Leba. Afin d’éviter les chutes de pierres sur une route de 18 km qui traverse la province de Namibe , des murs ont été construits le long de la route. Des artistes angolais ont été appelés pour donner vie à ces murs. Le rendu pittoresque et coloré font d’autant plus apprécier la traversée.

Afrique du Nord

Festivals emblématiques de la région (tous sont marocains) :

  • ARTifariti
  • Moussem Culturel d’Asilah créé en 1978
  • Sbagha Bagha créé en 2013
  • JIDAR -Toiles de Rue créé en 2015

Le Printemps arabe de 2011 a favorisé l’essor du graffiti. En effet, les manifestations ont poussé les artistes à militer à travers leur art. C’est comme ça que Sk-one, Vajo et Meen One, des noms inconnus auparavant ont vu leur notoriété s’élever.

La particularité des graffitis de l’Afrique du Nord, c’est l’inclusion de la calligraphie arabe qui en elle même est déjà tout un art.

La beauté de la calligraphie arabe a trait au spirituel, c’est ce qui m’attire. Elle a une âme, on peut en tomber amoureux même sans la comprendre.

Inkman
Brusk & Inkman – Médenine, Tunisie

Petit focus sur l’Egypte

Dans une certaine mesure, je trouve que le hiéroglyphe est l’ancêtre du graffiti qu’on connaît aujourd’hui. Aussi je m’attendais à ce que la pratique soit populaire et très soutenue dans le pays. Guess what : pas du tout ! Le ministère de la culture à la mainmise sur toutes les formes d’expression publiques et contrôle, réprime, détruit tout ce qui ne colle pas avec la ligne de conduite dictée par le gouvernement.

C’est dans ce contexte, que de nombreux artistes militants ont connu le jour, l’un des plus célébères : Ganzeer, qui va jusqu’à offrir ses oeuvres sous forme de pochoirs, autocollants, et affiches sur internet.

NeMo – Mansoura

Un artiste a tenu à rendre hommage aux hiéroglyphes, en reprenant les codes de l’art ancien. Alaa Awad s’inspire du passé, pour intégrer des histoires et des secrets dans ses oeuvres.

Memorial for Maat – Alaa Awad

Afrique de l’Ouest

Festivals emblématiques de la région :

  • BENIN : Regraff créé en 2012
  • GHANA : Chale Wote Street Art
  • GAMBIE : Wide Open Walls créé en 2010
  • SENEGAL : Festigraff

Plusieurs collectifs sont à l’origine de ces différents festivals, et de nombreux artistes ont été révélés par leurs oeuvres : le Doxadem Squad, les Burki Graff ou encore Ghana Graffit Crew.

Sénégal, leader du mouvement

L’art du graffiti est très bien intégré dans la culture sénégalaise. Utilisé pour promouvoir des campagnes publiques ou tout simplement pour laisser les artistes s’exprimer, le street art sénégalais oeuvre librement dans les rues des différentes villes.

Festigraff est le rendez-vous annuel pour tous les amateurs et professionnels du street art. Chaque année, un thème différent est mis à l’honneur et les artistes doivent faire naître leurs créations pendant les 10 jours que dure le festival.

photo double page 196 et 198

Moh Awudu, artiste ghanéen

Ses oeuvres sont trop belles ! Toutes les oeuvres présentées dans l’ouvrage sont belles mais là j’accroche particulièrement parce que Moh Awuud a pour sujet de prédilection la femme africaine, qu’il aime mettre à l’honneur. L’artiste nous explique dans une interview comment il a commencé et comment le street art a changé sa vie.

La GAMBIE, le BENIN et le TOGO ne sont pas en reste ! le Street Art dans ces pays est aussi abordé dans ce chapitre.

Afrique Australe

Un pays sort du lot : l’AFRIQUE DU SUD

Festivals emblématiques du pays :

  • International Public Art Festival
  • Festival d’art urbain city of gold créé en 2011
  • Festival de hip-hop Back to the city

Nous vivons encore dans des villes profondément divisées, marquées par le colonialisme et l’apartheid. Les murs qui nous séparent pourrait être l’espace rêvé pour nous découvrir, dans nos différences et nos similitudes.

Mook Lion

C’est à Cape Town que le phénomène de Street Art a commencé à prendre de l’ampleur. A tel point que la ville, ayant pris peur devant le phénomène de plus en plus grand, a introduit une loi rendant illégal le tag, considéré comme de la vandalisation. La loi a ralenti le mouvement mais n’a pas réussi à l’endiguer. En 2016 elle est assouplie et une nouvelle vague d’artistes émerge.

L’une des figures emblématiques du street art sud-africain est Nardstar, dont on reconnait facilement la signature en observant ses oeuvres : dualité homme/animal, couleurs chaudes, lignes géométriques :

Les cas du Botswana et de l’Eswatini sont aussi abordés dans cette partie.


Après ce tour d’Afrique et en guise de conclusion, le chapitre « le Monde et au-delà » vient clore le livre. Les oeuvres aux inspirations africaines du monde entier son mises en avant : du Royaume-Uni au Mexique en passant pat l’Espagne.

Mars, International Public Art Festival – Mexique

Alors, il a pas l’air trop génial ce livre ???? Je n’ai vraiment abordé ici que les grandes lignes, le livre contient évidemment plus d’informations et de détails. Le travail nécessaire pour faire naître cet ouvrage a dû être incroyable. Merci encore Cale Waddacor !

J’espère que je t’ai donné envie d’en savoir plus sur le sujet et de te procurer le livre. Je trouve aussi que c’est un joli cadeau à faire.

Et toi, quel est ton rapport à l’art ? Quelle forme te touche le plus ? Let’s talk about it ! 👇🏿

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