Avis l'amie prodigieuse carpejenn.com

L’Amie prodigieuse est une saga découpée en 4 livres. L’histoire raconte l’amitié de deux italiennes : leur enfance (tome 1 : L’amie Prodigieuse), leur adolescence (tome 2 : Le Nouveau Nom), leur vie de jeunes adultes (tome 3 : Celle qui fuit et Celle qui reste), leur vie d’adulte et vieillesse (tome 4 : l’Enfant Perdue).

Si l’histoire tourne autour de leur amitié, d’autres personnages servent à aborder différents sujets : la famille, la politique, la passion amoureuse, le monde qui se transforme, le mystère, la violence… Le tout extrêmement bien raconté et bien traduit (l’oeuvre originale est en italien).

Au début, j’ai eu du mal avec les personnages tellement il y en avait. Heureusement, un récap au début de chaque tome est là pour nous rafraîchir la mémoire. L’histoire de Lila et Lenu est très éloignée de la mienne, et pourtant j’ai eu l’impression que certains passages racontaient mon histoire et certaines de mes expériences. Certaines péripéties m’ont même servi de thérapie et m’ont fait voir des choses que j’ai vécues de manière différente, m’ont aidé à faire la paix avec. La lecture a un vrai pouvoir !

Bref, L’amie prodigieuse, c’est un histoire comme je les aime, avec au coeur de l’oeuvre : la complexité des relations humaines.

Le personnage de Lila

Lenu est celle qui raconte l’histoire, en lisant les livres on est Lenu. On sait tout d’elle et de ses pensées. En revanche, on n’est jamais dans la tête de Lila, et c’est ce qui rend leur relation particulièrement intéressante. Lila fascine, Lila fait peur. Une page on l’aime, la suivante on la deteste. Ce qui reste constant à travers les 4 parties c’est l’intelligence de Lila. Elle n’a jamais dépassé l’école primaire, et pourtant, quand elle décide d’entreprendre un projet, elle le fait avec tellement de brio que ça frise l’insolence.

Sa vie est très mouvementée et connait des péripéties incroyables avec des hauts très hauts et des bas très bas. Rien ne l’impressionne, sur son chemin elle suscite la peur, le respect, l’amour et la haine. Elle semble pourtant avoir un point faible, son amie Lenu, seule personne devant qui elle s’autorise à se montrer vulnérable. Elle n’hésite pas cependant à être méchante ou prendre ses distance avec elle, par amour, jalousie (ou mépris?), ce n’est jamais explicite, l’écrivaine laisse tout le loisir au lecteur d’en décider. Le dernier acte de Lila dans le 4e tome le confirme : Même Lenu ne sait pas comment interpréter le geste de son amie, qu’elle ne verra plus par la suite. Une vie d’amitié, et pourtant à la toute fin, on se demande si vraiment c’était de l’amitié. Et c’est quoi l’amitié finalement ?

Le parcours de vie de Lenu 📚

Lenu se bat toute sa vie pour quitter cette Naples pauvre, elle étudie d’arrache-pieds, elle veut être « intelligente » et changer définitivement de catégorie sociale. Et elle y parviendra. Elle fera les bonnes études, rencontrera les bonnes personnes, se mariera même avec le mari parfait. Et pourtant, il lui manquera toujours quelque chose. C’est vraiment ça la vie qu’elle voulait ? Pourquoi n’est-elle pas heureuse ? Elle finira par faire une vraie dinguerie qui la libérera, enfin c’est ce qu’elle croit. La pire connerie de sa vie. C’est pourtant ça qui va lui permettre de s’émanciper et de vraiment se trouver.

Dans l’ensemble de l’oeuvre, les deux relations qui ont façonné la personne de Lenu sont : celle avec Lila et celle avec Nino. Celle qu’elle entretient avec sa mère est assez perturbante et la marquera toute sa vie, physiquement (je ne veux pas trop en dire pour ne pas spoiler). Pendant les 3 premiers livres, elles ont une relation très violente et conflictuelle. La mère de Lenu est très agressive dans sa manière de parler à sa fille. Un jour elle est tellement en colère qu’elle lui dit « espèce de connasse, c’est moi qui t’ai donné la vie, c’est moi qui vais te tuer », trop thug la daronne. Dans le dernier tome, on comprend le pourquoi de toute cette colère, et ça fond le coeur. Les mots ont un pouvoir, et si elle avait communiqué certaines choses à sa fille plus tôt, je pense qu’elles auraient pu vivre plus de moments précieux entre une mère et une fille.

Les personnages masculins 👨🏼‍🦰👨🏻‍🦱👨🏾

Alors là, on a droit à la panoplie complète, en voici quelques uns :

  • Enzo : la force tranquille, personne l’a vu venir !
  • Stefano : le calme avant la tempête puis le calme.
  • Les frères Solara : la violence même
  • Nino : comment décrire Nino sans m’énerver… l’imposteur sincère

Stefano, les frères Solara, Nino et Enzo sont tous très différents. Leur seul point commun aura été Lila, qui aura eu une influence sur chacune de leur vie. lls ont tous grandi ensemble, et ont tous emprunté des chemins de vie différents. Ce qui m’a surpris c’est que malgré cette enfance commune, ils n’hésitent pas à se faire la guerre entre eux. Ce ne sera jamais eux contre les autres, ou contre le reste du monde qui devient de plus en plus hostile. Non. Dans leur petit groupe ça menace, ça tabasse, ça tue sans hésiter.

Naples et Ischia 💦

Le Naples (la Naples ?) dans lequel se déroule la majorité de l’histoire n’a rien de glamour. On n’est dans les quartiers pauvres, et les descriptions sont tellement précises qu’on a l’impression d’y vivre et de connaître certains des appartements et magasins. Au fur et à mesure des livres, on découvre d’autres villes comme Florence, Gènes, Milan, et plus surprenant Montpellier et Paris. Mais tôt ou tard, on revient toujours à Naples.

Une grande partie du deuxième tome se déroule sur l’île d’Ischia. C’est une des meilleures parties des quatre livres réunis. Lenu et Lila y sont en vacances et il va s’y passer des stories de malade qui vont chambouler la suite ! En plus des rebondissements qu’on apprend dans cette partie, celle-ci est ma préférée pour une autre raison : l’atmosphère. Tout ce que j’aime y est réuni : soleil d’été, location de maison au bord de la mer, dîners de fruits de mer, bonne compagnie, lectures à n’en plus finir et surtout les premiers flirts amoureux 👀.

Il y a quelques années j’ai été à Naples et sur la côte amalfitaine. De Naples, je gardais un très bon souvenir en ce qui concerne la bouffe, qu’est ce que j’avais bien mangé ! Par contre j’avais trouvé la ville pas très propre, et pas très jolie. L’Amie Prodigieuse m’a donné un regard nouveau et maintenant je repense à Naples avec nostalgie, convaincue que cette ville à un charme que je n’avais pas su voir à l’époque. De plus, Naples est une ville peu chère, j’y ai mangé la meilleure pizza de ma vie pour 3 euros. Si tu as l’occasion, fonce.

Quant à Ischia, je n’y ai jamais été mais mon cerveau y a apposé mon séjour sur la côte amalfitaine, me donnant l’impression d’avoir passé cet été avec Lenu et Lila, à les observer de loin.

L’enfant perdue

Vers le deuxième tiers du livre, le nom du tome 4 L’enfant perdue prend son sens et c’est un vrai déchirement. Impossible de voir venir cet épisode qui m’a franchement secouée. Il se passe quelque chose d’hoooooorrible et d’irréparable. C’est le pire épisode de la vie des deux protagonistes. J’ai lu et relu ces quelques lignes qui sont la genèse d’un déclin croissant. C’était tellement dur que j’avais juste hâte que ça s’arrête et qu’on passe à un happy ending. Et même ça, Elena Ferrante refuse de nous le donner gratuitement. La dernière scène du livre est soit la plus belle déclaration d’amitié et d’amour soit au contraire un « je t’emmerde espèce de connasse ». C’est à toi de choisir l’interprétation qui t’arrange. 3 semaines que j’ai fini et je n’arrive pas à me décider laquelle choisir.

La série 📺

La saga a tellement cartonné que son adaptation a déjà commencé. En Italie la série existe depuis 2018, et il semblerait que Netflix s’y intéresse aussi. On aurait donc une deuxième adaptation d’ici un an ou deux. J’étais impatiente de regarder la version italienne pour voir comment toute cette jolie histoire avait été mise en scène mais rien que la bande annonce m’a désaucée. Rien ne va avec l’univers que mon imaginaire a créé. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Peut-être la version Netflix me convaincra plus, même si soyons réalistes, aucun film ne vaut l’imagination.


Est-ce que mon billet t’a donné envie de commencer (ou continuer) la saga ?

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